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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 18:19

 

     Les Césars 2013 ont affiché un bien faible niveau. Peu après la claque infligée au cinéma français par la polémique lancée il y a quelques temps par Vincent Maraval, les Césars nous rappellent un peu plus encore à quel point le cinéma de l'hexagone va mal.

     Premier signe annonciateur de la décadence : Jamel Debbouze préside cette 38ème cérémonie. Quand on sait que les Césars ont déjà été présidé par Jean Gabin, Alain Delon, Sean Connery et autres pointures du cinéma, on ne sait pas comment prendre la terrible nouvelle. Jamel Debbouze, c'est une blague ? Il est plus humoriste qu'acteur, voyons ! Outre, peut-être, pour sa prestation dans Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, Jamel n'a jamais été connu pour être un bon acteur. Va-t-on se souvenir de sa performance dans le film Sur la piste du Marsupilami ? Je ne pense pas. Les Césars ne sont pas qu'un sketch ou un simple divertissement, mais avant tout une cérémonie ayant pour but de récompenser des professionnels du « 7ème art ».

     Autre point : les nominations. J'ai trouvé qu'il y avait un véritable écart de niveau avec les Césars 2012, tant au niveau de films (The Artist/ Polisse/ L'exercice de l'Etat et autre Intouchables "contre" Camille redouble / Amour/ Le Prénom etc.) qu'au niveau des acteurs. D'ailleurs, Pierre Niney, de la Comédie Française, déjà nominé l'an passé dans la catégorie meilleur espoir masculin, ne sera -encore- pas récompensé cette année malgré ses très bonnes prestations (dans Comme des Frères notamment). Mais revenons sur les films. Quand j'ai vu Camille redouble avec 13 nominations, je ne savais quoi faire : la question était bien plus grave qu'un simple « rire ou pleurer ? ». Le scénario de ce film est faible, l'humour n'en parlons même pas. Certains se souviennent peut-être du film américain 17ans encore (avec Zac Efron), où un adulte revient à l'adolescence, comme dans Camille redouble. Sauf que dans 17ans encore, le personnage change d'apparence et redevient jeune, au moins, ça se tient un minimum. Mais à quoi pouvaient bien penser les scénaristes de Camille redouble en envoyant une femme d'âge mûr au lycée : c'est pitoyable ! Oublions ça. Disons que ce n'est qu'une erreur. Après tout le jury est composé d'êtres humains. Et puis on continue à parcourir la liste des films nominés. Quoi ? Le Prénom ? Ce film où des gens discutent pendant une heure et quarante cinq minutes autour d'une table du prénom qu'il faut donner à un gosse ? Mais non ! Ils n'ont pas le droit, c'est pas possible !

     En fin de compte, l'équipe du film De rouille et d'os de Jacques Audiard remporte quelques succès, celle du film Les adieux à la reine aussi. Et puis Amour, de Michael Haneke, rafle tout (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure actrice, meilleur scénario original). Les membres du jury s'en sont donnés à coeur joie, ils ont dû voir que ce film avait même été nominé dans la catégorie du "meilleur film étranger" aux Oscars, alors ils se sont dit : récompensons le. Et ça tombe et ça tombe, les récompenses pour Amour n'arrêtent pas. Ca en devient presque lassant. Non pas que ce film est médiocre, mais ce n'est tout de même pas LE chef d'oeuvre du 21ème siècle ! On croirait presque que le seul bon film français de cette année était Amour (ce qui est peut-être la triste vérité). Les deux acteurs principaux sont aussi récompensés ! Certaines mauvaises langues diront d'ailleurs que le jury a dû se sentir obligé de remettre le césar de la meilleure actrice à Emmanuelle Riva, ça aurait été irrespectueux de faire déplacer une femme de cet âge pour rien. Elle le mérite, ne serait-ce que pour l'ensemble de son oeuvre et ce qu'elle a apporté au cinéma français, à travers les âges. 

     Et puis, c'est désolant, mais comme chaque année, certaines catégories sont comme transparentes (meilleur film documentaire, meilleur court-métrage, ...), on les passe le plus vite possible, telles des oeuvres qui n'ont pas à être présentes à la si prestigieuse cérémonie des Césars. A croire que tout le monde s'en fiche !

La-ceremonie-des-Cesar-EN-DIRECT reference

     Bref, entre deux blagues de Jamel, on pense. On se dit que le cinéma français manque peut-être de scénaristes talentueux. Je regrette d'ailleurs, au passage, que Donoma, l'excellent film à petit budget de Djinn Carrénard, n'ait pas été dans les nominations lors des Césars 2012. Ce film donne tort à tous les gens qui pensent que le cinéma français ne peut pas rivaliser avec les talentueux cinéastes américains sous le prétexte de « manque de budget ». La réflexion, le travail, la détermination, la motivation, l'envie suffisent. Inutile de donner un autre exemple que Donoma mais je me sens obligé. Quentin Tarantino a réalisé Reservoir Dogs avec à peine 1,5 millions d'euros (ce qui est "rien" dans l'économie du cinéma contemporain). Les admirateurs de Camille redouble et du Prénom, films à 7 et 11 millions, devraient se poser quelques questions. Et puis d'ailleurs, où sont Dany Boon et Gérard Depardieu, nos deux acteurs "français" les mieux rémunérés ? Je ne les ai pas aperçu dans les nominations pour le meilleur acteur. Bizarre, n'est-ce pas ? Le Cinéma n'est pas censé être une machine à fric, mais bien du rêve, du spectacle, de l'art, de l'art, et encore de l'art ! 

 

 

"Pour faire un bon film il faut trois choses: une bonne histoire, une bonne histoire et une bonne histoire" (Jean Gabin)

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Published by mediapprenti (S.G) - dans Cinéma
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