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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 17:32

Le 31 août 2013, à 10h du matin, je tenais dans mes mains mon tout premier pass presse, pour la journée de l’inauguration du tramway de Tours.

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     Des hommes en costards-cravates rejoignent les journalistes -dejà présents- venus prendre un des trois bus avec la mention « spécial » (comprendre : VIP). Je serre la main à quelques personnes, certains se présentent, ce qui est plutôt bien dans ces moments là. Hé oui, je n'ai que 18 ans, je ne connais pas tous les politiques présents, et encore moins tous les organisateurs de l'évènement.

     On prend le bus en direction du lycée Jean Monnet (souvenirs, souvenirs). Pendant le trajet, j'entends Jean-Patrick Gille, député PS d'Indre et Loire, expliquer à son fils comment va fonctionner le tram : « mais non, tu n'auras pas besoin de nouvelle carte, celle que tu utilises pour le bus marchera aussi avec le tramway ».

   Bref, on arrive au lycée, qui est aussi le terminus du tram. Ca fait tellement bizarre de voir le parvis de l'établissement (celui là même où l'on déconnait avec nos amis il y a encore 3 mois) plein d'hommes et de femmes en grande pompe, d'une petite fanfare, et de quelques journalistes armés de caméras pour filmer tout ça ! La personne chargée des relations presse m'indique que la première rame est « réservée » aux journalistes, de façon à ce qu'on « sorte plus tôt que les politiques » du tram. Je monte vite, j'voudrais pas m'faire oublier au lycée, j'ai une belle journée qui m'attend. C'est génial : je suis tout devant, je peux filmer le trajet ! Une fois arrivés, on s'aperçoit que l'évènement est quand même attendu, moi, je ne m'attendais pas a voir autant de monde. Les journalistes se poussent -et n'hésitent pas à pousser- pour avoir l'image ou le son qu'il leur faut. Les politiques ont leur plus beau sourire de sortie, et se font mitrailler de photos. Le « cortège » avance lentement, mais il parvient tout de même place Jean Jaures. Un monsieur monté sur une petite estrade, un micro à la main, ne cesse de nous rappeler, et ce de façon très théâtrale, que ce jour est historique pour notre ville. Le tram arrive, tout le monde est content, on sent une ville rassemblée derrière l'inauguration d'un « simple » moyen de transport, c'est agréable, on rencontre des gens différents et souvent très intéressants (il y avait quand même les anti-mariage pour tous...et leur affreux slogan « un papa et une maman », avec leurs drapeaux roses et bleus, mais bon, on y peut rien si ils « ne lâchent rien »).

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     On monte ensuite au premier étage de l'Hotel de ville pour les discours. Marisol Touraine s'en va, Manuel Valls arrive. La salle est bondée, et il fait vite très chaud. Je ne suis même pas allé m'entasser avec mes futurs confrères journalistes, leur combat pour la meilleure place n'est pas encore le mien.

     Après (environ) 4 minutes de remerciements, Jean Germain parle enfin du Tram : « Cette ligne de 15 kilomètres, du Sud au Nord, permet de faire le lien entre Joué-les-Tours et la ville de Tours, ainsi qu'entre différents quartiers. ». Il n'oublie pas non plus de montrer les points positifs de l'envers du décor : en effet, pendant la phase des travaux, 256 contrats jeunes ont été signés, aujourd'hui, 36 % sont en CDI. Et puis, il aborde le côté artistique (qui n'aurait apparemment « aucun équivalent en Europe »), en évoquant une « reconstitution du paysage tourangeau ». Jean Germain répond même aux critiques (si nombreuses fussent-elles) à propos de l'argent dépensé pour s'attacher les services de M.Buren : «Oui, ça a un coût, mais c'est pour le bien de la ville, et puis, c'est tellement beau, intelligent... ». J'apprendrai plus tard dans la journée que le coût pour le côté artistique était de 0,5 % du coût total du tramway (qui se situe autour des 430 millions d'euros). Enfin, le sénateur-maire de Tours remercie les tourangeaux pour leur confiance, leur patience, notamment les commerçants qui ont beaucoup souffert pendant la phase des travaux. « Maintenant, il est temps de regarder devant nous, de continuer à donner sens et vie à cette ville », de faire en sorte que cette agglomération soit « dynamique, toujours plus vive ». En tout, sept discours se suivront : tous se ressemblent dans le fond, mais pas forcément dans la forme. En bref, on nous dit que Tours est une ville qui « renoue avec son passé (NdlR : Tours a eu un tram jusqu'en 1949) pour aller de l'avant », que le tram facilite les échanges entre les gens, mais aussi l'ouverture à la culture (car « la culture, on doit la porter haut et fort, parce que les gens la souhaitent »). Cette nouveauté tourangelle est donc décrite comme une véritable chance et une fierté pour la ville, mais aussi pour la région. C'était tellement long et la chaleur se faisait si bien ressentir qu'on apporta un verre d'eau fraîche à Manuel Valls (le chanceux!). Arrive néanmoins son discours tant attendu... Il se place devant les micros, souriant, et déclare : « Je crois que tout a été dit. ». Une touche d'humour, voilà qui fait plaisir après 6 discours si sérieux ! Bref, le ministre de l'Intérieur, n'ayant pas encore vu le joli tram de la ville de Tours, salue l'engagement des collectivités territoriales, avant de mettre en avant l'optimisme qui a porté ce projet : « le fait de vouloir faire avancer cette ville, c'est croire en son pays. » Et Manuel Valls finira sur ces mots : « C'est aussi synonyme d'espoir, ça prouve que nous sommes capables d'innovation. ».

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     Les discours terminés, la plupart des journalistes suivent le petit « cortège » qui s'est formé autour de Jean Germain et de M.Valls. Après une courte interview, le ministre remontra la Rue Nationale. C'était la star, il en a fait oublié Jean Germain, il en a fait oublié les députés, et tous les autres autour. Il dit bonjour, serre des mains, sourit aux passants, tout ça a des allures de campagne électorale. On entend des « Oh mais c'est Manuel Valls, regarde ! », ou encore «-C'est qui ? -Je crois que c'est le premier ministre, viens, il faut faire une photo ». La ville de Tours est en émoi, c'est pas souvent qu'on a tout ce petit monde ici. Il repartira en tram (après que les membres de sa sécurité aient vidé à peu près la moitié d'une rame), c'est tout un symbole.

Voilà, les portes du tram se ferment, tout comme la parenthèse politique.

     Place aux animations (un exemple ici), à la fête, pour inaugurer ce Tramway comme il se doit : en essayant de rassembler un maximum de tourangeaux autour d'un même évènement. Et je crois que cela a été réussi, au vu du nombre de personnes présentes à Tours en ce fameux 31 août 2013, jour historique.

 

 

 

« Plus que jamais, nous pouvons être fiers d'être tourangeaux »

(F.Thomas, président du conseil général d'Indre et Loire)

 

 

 

PS : Un grand merci à Nouhedy et Emmanuel Czubowski, sans qui je n'aurais pas pu vivre cette belle expérience et partager avec les lecteurs de RadioLondres l'inauguration du Tram de Tours, ainsi qu'à Laurence Gratacap, qui m'a délivré de ses mains mon tout premier petit pass presse !

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Published by mediapprenti (S.G) - dans Société
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